BONNE FÊTE DES PÈRES, MAMAN!

jeudi 23 juin 2016

Dimanche dernier, j’ai eu droit pour la première fois à ce voeu sincèrement exprimé de la part de ma petite. « Ben oui maman, tu es les deux à la fois ! »

Elle aura dix ans dans deux mois. Elle comprend. C’est parfois difficile, et on en parle beaucoup elle et moi, lorsqu’elle en ressent le besoin. Avant, elle regardait silencieusement ses amis avec un pincement au Coeur que je pouvais moi-même ressentir, quand leurs papas viennent les chercher à l’école. Maintenant, elle ne se fait plus d’illusions et elle est capable de mettre des mots relativement justes sur les émotions qu’elle ressent par rapport au fait que son père ait fait le choix de ne pas s’impliquer dans sa vie et qu’il y a peu de chances que le vent tourne d’ici à son adolescence. Le contrôle de cette situation ne m’appartient malheureusement pas, et mon travail en tant que mère, c’est d’en minimiser l’impact sur le développement de mon enfant.

Florence-k-fille

Oui, parfois, j’ai peur des fameuses daddy issues dont on entend beaucoup parler. Les histoires de jeunes femmes qui recherchent éternellement une figure paternelle dans leurs relations amoureuses et dont les comportements avec leurs amoureux futurs seront éternellement et jusqu’à thérapie extensive régis par la peur de l’abandon.

Oui, parfois, je doute de façon assez magistrale de ma capacité à être les deux parents à la fois, à trouver l’équilibre parfait entre encadrement et liberté, discipline et démocratie, douceur et fermeté.

Oui, parfois il m’arrive d’envier les parents qui font ça à deux, qu’ils soient ensemble ou séparés, peu importe, mais à deux. Parce qu’à deux, c’est mieux. Et même dans les cas où le couple n’existe plus, il existe de nombreuses success stories de co-parenting.

Oui, parfois, je galère. Mais ça, c’est le dénominateur commun de tous les parents. Qu’ils soient, monos, duos, et qu’ils aient un ou cinq enfants.

Mais ceci n’est pas « about me ».

Ceci est d’abord et avant tout l’histoire de vie de ma fille. Et elle mérite, comme tous les autres enfants du monde, de la démarrer du bon pied.

Je ne le dirai jamais assez, un enfant n’a pas à payer pour la séparation de ses parents. Ce n’est pas parce que deux êtres qui ont conçu un petit ensemble ne s’entendent plus que ce dernier doit être mis sur la balance tel une monnaie d’échange, être abandonné ou être victime d’aliénation parentale.

Ce qui est important que ma fille comprenne, à court, à moyen et à long terme, c’est que la raison pour laquelle son père n’est pas là, ce n’est pas elle. Qu’elle, elle mérite d’être aimée et d’être une priorité, no matter what.

Et je le répète encore une fois, mon rôle à travers tout ça, c’est d’essayer du mieux que possible de faire en sorte que le manque qu’elle aura expérimenté dans son enfance n’ait pas trop de répercussions négatives dans sa vie adolescente et sa vie adulte. Et de le faire sans jamais dénigrer son père en sa présence, parce qu’elle l’aime malgré tout et qu’elle a le droit de l’aimer, qu’il soit là ou pas.

Je ne pourrai jamais combler ce manque à 100%. Je suis réaliste. Mais la situation nous a tout de même permis de nous construire un nid où une complicité hors du commun règne entre elle et moi, et où nous sommes entourées d’une pléiade de « satellites », des gens extraordinaires qui sont là pour elle et qui l’aiment de tout coeur . Mes parents, mes soeurs, mes amis, mon amoureux et sa famille, et la famille du père de ma petite. Je ne les remercierai jamais assez de m’aider à faire en sorte que ma fille ait une enfance épanouie, malgré l’élément manquant.

Et, de mon côté, lorsque ma fille me souhaite « Bonne fête des pères, maman ! », et bien, je me permets de le prendre !!! ?

florence

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