Journal d’une nouvelle entrepreneure

mardi 1 mai 2018
Première journée du mois de mai, première journée du reste de nos vies pour nous tous et de nouveaux départs pour beaucoup d’entre nous, dont votre dévouée chanteuse ici présente! Vous savez à quel point j’apprécie la relation que nous entretenons, vous et moi, à travers la musique et les réseaux sociaux. Et je souhaite maintenant vous tenir au courant des développement de ma nouvelle entreprise, la maison de disques Florence K Music à travers ce journal de mes premiers pas dans le “vrai”monde des affaires.

Je suis une nouvelle entrepreneure, ma grande force depuis toujours, c’est la musique et…les émotions, et j’ai si souvent partagé ces dernières avec vous. Il est certain que pour moi, apprendre à développer, à structurer et gérer une entreprise, c’est une bataille quotidienne entre le côté droit et le côté gauche de mon cerveau. Mon coeur et ma raison. Ma musique et mes états financiers, mes idées et mon budget, mon piano et mes courriels..Constamment trouver le juste milieu entre la liberté de la création et la structure nécessaire à sa mise en marché. Ne pas laisser s’échapper la première au profit de la deuxième. Bref..je crois que vous avez compris le topo. Mais les défis provoquent des étincelles, et je prends un certain plaisir à laisser la lumière de ces dernières me guider dans ce nouveau chemin.

En février dernier, j’ai fait le grand saut. J’ai écrit à la maison de disque de type “Major” avec laquelle j’étais depuis cinq ans que bien que j’aie beaucoup apprécié le travail que nous avions accompli ensemble, il était temps pour moi de voler de mes propres ailes et de m’entourer d’une équipe plus près de moi. Cette équipe, je l’ai trouvée, elle est formée de satellites qui gravitent autour de mes idées et de la réalisation de celles-ci: ma fidèle alliée de toujours aux relations de presse, Francine Chaloult, et mon grand ami Marco Roy qui s’occupe de mon dossier, un super graphiste web-master, Pierre Raîche, Nat Corbeil qui s’occupe de ma promotion radio, Guillaume Lombart aux éditions musicales, Johanne Lapointe qui regarde chaque semaine mes finances pour s’assurer que mes phases d’hypomanie (bipolarité II oblige) ne dépassent pas mon compte en banque, ma chère et dévouée équipe chez Spectra (shoutout Benoît et Luca) qui assure mes spectacles, ainsi que ma nouvelle et excellente équipe chez Distribution Select qui distribuera mes albums et qui surtout fait montre d’une patience extrême quant aux 2000 emails que je leur envoie chaque semaine pour mieux comprendre comment faire un “Label Copy”, établir des “Codes ISRC”, coordonner ma promo “Social Network” et “traditionnelle”, investir dans les bons choix publicitaires, apprendre les formats de livraison des disques et de leurs pochettes, de même que préparer des “teasers” vidéos formatés pour le marketing…

J’ai aussi Samantha Pickard qui se démène à Toronto pour que je puisse enfin franchir la frontière des deux solitudes et obtenir plus de contrats dans le Rest of Canada (après trois nominations aux Junos et une dizaine d’années d’efforts, je persiste à croire qu’un jour, je pourrai enfin y faire une tournée, des festivals, et peut-être y connaître un certain succès). Il était extrêmement important pour moi de m’entourer de gens avec qui je peux entretenir une relation étroite, que j’envisage à long terme. Dans un monde où tout va si vite, où il y a une rotation incroyable de personnel partout, la loyauté et la longévité sont des atouts de grande valeur. Grandir ensemble. Gravir ensemble les différentes étapes qui mènent à nos rêves. Et puis ça donne naissance à des dizaines de “insides” et d’anecdotes que l’on pourra se raconter en en riant enfin autour d’une couple de mojitos dans cinq ans.

Puis, à l’image de toutes ces entreprises de construction dont on voit les camions partout sur les routes du genre “Dufour et fils plomberie”, “Rénos Tremblay et frères”, etc… je me suis dit, mais pourquoi pas une maison de disque familiale: ma mère, ma soeur, mon amoureux, mes amis…nous travaillons tous dans la musique et nous nous aimons bien assez pour établir une séparation entre notre relation au travail et notre relation après les heures de travail et surtout….ne rien prendre personnel! C’est pourquoi après la sortie de mon album Estrellas, le 1er juin, on se met à fond sur l’album de ma belle Éléonore Lagacé (Léo), réalisé par mon chum, et de ma très chère maman, dont j’assurerai la réalisation avec mon ami argentin Osvaldo Montes.

Est-ce que c’est facile en 2018 de mettre sur pied une maison de disques ? NON. Est-ce que c’est décourageant par moments? OUI. Est-ce que j’arrête? NON. Pourquoi? honnêtement, je n’ai pas de réponse rationnelle à ça. J’aurais pu faire autrement, oui. On peut toujours faire autrement que de se lancer en affaires. Mais il y a un feu qui brûle dans mon ventre, il y a mon instinct et une petite boule d’énergie logée quelque part entre mon coeur et ma tête qui me dit “Vas-y Flo, vas-y” Est-ce que j’ai des doutes, est-ce que j’ai peur? OUI. Mais ces émotions sont de grands professeurs de vie. C’est à travers celles-ci que l’on apprend à se connaître, et à faire bouger les choses. Pour moi, il n’y a rien de pire que la stagnation.

Samedi dernier, au Salon du livre de la Côte-Nord où je m’adonnais à des séances de signature, j’ai entendu la conférence du météorologue Gilles Brien. Il nous parlait des changements climatiques et de la pollution, mais dans un discours rempli d’espoir et de foi qu’un changement peut toujours s’opérer. Il nous a dit la phrase suivante : “Il est trop tard pour être pessimiste.” Cette phrase m’a marquée. Je ne suis pas du tout une adepte de la pensée magique. Mais alors là pas du tout. À mes yeux, elle peut trop facilement se convertir en une ennemie de la santé mentale. J’aime la pensée réaliste et bien honnêtement, la phrase de Gilles Brien me semble réaliste. Et quand on se lance et qu’on investit à peu près tout ce qu’on a dans un projet qui peut marcher comme il peut ne pas marcher du tout, bien, ça aide de se dire ça tous les matins en se levant.

Pour l’instant, je suis la seule employée de Florence K music. Heureusement que j’ai ces gens merveilleux dont je vous parlais tout à l’heure pour me guider et me conseiller. Heureusement que j’ai parmi mes amis des musiciens exceptionnels et votre soutien, votre présence dans ma vie depuis maintenant 13 ans, vous qui me suivez, qui venez me rencontrer après mes shows, qui m’ont écrit et consolée lorsque j’ai appris la semaine dernière que Ici musique avait choisi de ne pas renouveler mon émission l’année prochaine. Vous êtes là et je ne peux que vous être reconnaissante.

Et vous savez quoi? Je crois que lors que l’on se lance en affaires, il n’y a rien de plus précieux que l’appui de ceux pour qui l’on veut continuer à créer plein de musique et de livres, parce qu’on a tous besoin de voyager, et de rêver….

Après tout, c’est comme ça que naissent les idées!

Bonne journée,
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