LES LIENS DU COEUR

mercredi 23 mars 2016

Lorsque je me suis séparée du père de ma fille, il y a maintenant quatre ans, j’ai acheté à cette dernière un livre pour enfants qui expliquait tous les différents types de famille qui existaient de nos jours, avec des illustrations et des textes sympathiques (famille reconstituée, famille monoparentale, famille homoparentale, famille adoptive, etc.). Je crois que ce livre, à l’époque, m’avait surtout fait du bien à moi, me permettant d’alléger un peu le poids de la culpabilité que je ressentais face à la dissolution de l’unité familiale « idéale », en normalisant la chose.

Quatre années plus tard, ma « famille » est à des années-lumière de l’idéal que je m’étais imposé il y a une dizaine d’années : maman-papa-deux-ou-trois-enfants-une-maison-un-chien-un-long-fleuve-tranquille-où-les-obstacles-sont-surmontés-un-à-un-et-où-on-finit-tous-par-grandir-ensemble. La vie a fait les choses autrement et aujourd’hui, mon unité familiale immédiate, c’est maman-mono-sa-fille-un-appart-et-un-poisson-rouge. Cependant, malgré le fait que ma réalité ait dévié de la trajectoire de mes rêves, je chéris cette petite famille comme la prunelle de mes yeux. J’en suis fière et j’en prends grand soin.

Puis, ma petite famille à moi, elle est agrémentée de tous pleins de satellites qui contribuent à en faire un clan: il y a mes amies proches et leurs enfants. Nous sommes toutes les Taties des enfants de l’une et de l’autre. Nos enfants se parlent entre eux comme des cousins. Puis, du côté de mes parents, il y a eu une pléiade de remariages faisant en sorte que les demi-sœurs, les demi-frères, les quarts-de-sœurs et de frères, les beaux-pères et les beaux-grands-pères sont chose commune chez nous. Et il y a également mon amoureux, son fils, et sa famille (nous ne formons pas encore une famille recomposée en bonne et due forme, mais nous préparons le terrain à notre rythme).

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Bref, tout ce topo généalogique pour dire que, pour moi, désormais, ce qui compte plus que tout, et ce sur quoi je me fie pour définir une famille, ce sont les liens du cœur, plus que les liens du sang. On peut ne pas avoir d’enfants et former une famille magnifique avec notre partenaire. On peut ne pas avoir de partenaire, vivre seul et former une famille avec nos amis les plus proches et faire de ceux-ci nos frères et nos sœurs. On peut ne pas être le parent biologique ou adoptif d’un enfant et l’aimer comme s’il sortait de nos propres tripes. On peut avoir pour modèle en grandissant un parent qui n’est pas le nôtre.

Je pense également à tous mes amis qui ont un partenaire du même sexe et qui ont décidé de créer une famille et je regarde leurs enfants grandir entourés d’amour et qui n’ont rien à envier aux familles « traditionnelles ». Je pense aussi à mes amis qui n’ont pas d’enfants et qui peut-être n’en auront jamais (par choix ou par contrainte), mais qui, par leur simple présence dans la vie d’autrui les font sentir bien. À mes yeux, c’est ça la famille. Le lien du cœur, pour moi, il est tout aussi fort, sinon plus, que le lien du sang.

Ma famille n’est pas traditionnelle. J’aimerais un jour avoir un autre enfant, mais je ne sais pas encore si ce rêve se réalisera ou pas, car personne n’est à même de prédire l’avenir. Mais ce que je sais, c’est que ma famille est définie par des gens que j’aime et qui m’aiment aussi, peu importe les gènes en commun que nous avons… ou pas. Il n’y a pas de lois qui régissent la définition d’une famille sauf celles que la société s’est imposées à elle-même. Et souvent, ces normes ont été décrétées par peur de la différence ou de la dérogation à la « tradition ». Je suis d’avis que ladite peur de la différence ou de ce qui ne ressemble pas à l’image de l’idéal que la société nous a si longtemps imposé est exactement ce qui empêche bon nombre d’entre nous d’aller dénicher le bonheur (qui est aussi selon moi une valeur subjective) là où il pourrait réellement se trouver.

florence

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