L’ESSENCE DE LA QUESTION : LA VALEUR DU CONTENU ET NON DU CONTENANT

mardi 8 mars 2016

Aujourd’hui, c’est la journée internationale des femmes. Plus que jamais, nous entendons parler de tous bords tous côtés du féminisme, de ses pour et de ses contre, de ses détracteurs et de ses défenseurs, de son importance ou de sa désuétude, de son histoire et de son avenir.

Pour moi, être féministe, c’est respecter l’humain pour ce qu’il est réellement, pour ce qu’il a au fond du cœur, peu importe son sexe, sa couleur, sa forme, son orientation sexuelle, ses aspirations, et son origine. Bref, c’est s’intéresser au contenu plus qu’au contenant.

Appliquer son féminisme dans la vie de tous les jours, c’est ne pas mépriser ceux qui ne nous ressemblent pas. C’est s’adresser à chacun avec respect, sans égard à son apparence, à la classe sociale dont il provient, au métier qu’il pratique ou justement, à son sexe. Être féministe, ce n’est pas être anti-hommes. Au contraire, c’est reconnaître que les deux sexes méritent tout autant d’exister et d’évoluer de façon équitable et juste dans le temps. Ils ont besoin l’un de l’autre, et nous le savons bien.

Être féministe, c’est aussi être contre le racisme et l’homophobie. C’est prôner une égalité des droits et des responsabilités à laquelle chaque être humain né sur cette Terre devrait avoir accès. C’est reconnaître que ceux qui se croient supérieurs à autrui et qui sont convaincus qu’ils méritent plus que les autres de par leur lieu de naissance, de par ce qui se trouve entre leurs jambes ou de par leur sexualité cachent en eux quelque part un malaise profond.

Car celui qui est bien dans sa peau ne ressent pas le besoin de rabaisser les autres pour s’élever. À ce que je sache, les droits des femmes, des Afro-Américains, des peuples autochtones, des homosexuels et des transsexuels souffrent encore beaucoup des nombreuses théories beurrées de traditions, d’interprétations religieuses ou tout simplement d’habitudes, que l’on nous sert à tort et à travers et qui servent à diminuer la valeur de certains au sein de la société.

Être femme hier et être femme aujourd’hui

Lorsque je discute avec ma grand-mère, je suis consciente de la chance que j’ai d’être une femme aujourd’hui plutôt qu’à son époque. Époque où elle a dû arrêter ses études pour travailler afin de payer celles de son frère, malgré le talent dont elle faisait preuve à l’école et l’avenir professionnel qui lui souriait. Ici, on peut donc dire que oui, une partie du chemin a été franchi. Mais lorsque je pense aux histoires d’iniquité salariale, de harcèlement sexuel au travail, de tous ces noms qui ressemblent à “pétasse”, “chienne”, “bitch”, “salope”, qui font partie du vocabulaire courant, de drogue du viol ou de proxénétisme, je sais que le boulot est encore loin d’être complété.

Mais c’est toujours mieux qu’ailleurs, où il est à peine entamé. C’est donc en continuant à prêcher par l’exemple que peu à peu, nous verrons des femmes partout à travers le monde oser. Oser vivre pour ce qu’elles sont, oser aimer qui elles aiment, oser porter ce qu’elles ont envie de porter et oser partager leurs talents au sein de la force de travail. Oser marcher le soir sans avoir peur, oser accéder à des études supérieures, oser décider si elles ont envie d’avoir des enfants ou non et oser se hisser aux postes les plus importants de la société. Plus nous oserons, plus la femme partout à travers le monde osera. Et si c’était l’homme qui ne disposait pas des mêmes droits que les femmes, je serais en faveur de leur cause et je les encouragerais également à oser. Car c’est en osant que l’on fait bouger les choses et que l’engrenage du changement s’active.

Tendre vers l’équilibre

Donc, selon moi, savoir si l’on est féministe ou si l’on ne l’est pas ne constitue pas toute l’essence de la question à se poser. Pour moi, le cœur de la question à se poser est de savoir si l’on est pour un monde où l’on ne juge plus l’humain selon le sexe, la couleur de peau, l’orientation sexuelle dont la nature l’a doté et où l’on portera une plus grande attention à ses idées, à ses talents et à son âme, avant de choisir à sa place quelles seront les limites de son destin.

On dit toujours que le bien-être d’un individu est une question d’équilibre. Je suis d’avis qu’il en est de même pour le bien-être d’une société. Et pour moi, être féministe, c’est vouloir tendre vers cet équilibre.

florence

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