SOIR DE PREMIÈRE

mercredi 1 juin 2016

La voix hors-champs demande au public d’éteindre leur cellulaire, donne des précisions sur la programmation de la saison à venir et termine son monologue avec ces mots que j’adore: “Et maintenant, place au spectacle!”.

Je bois une dernière gorgée d’eau, je lance un sourire à mon guitariste et je m’élance sur scène, essayant tant bien que mal de ne pas trop tanguer sur mes talons hauts (ma sacro-sainte paire de Louboutins vernis achetée il y a quatre ans et que je mets sur scène et sur tous les plateaux de télé et à tous les galas depuis qu’ils sont entrés dans ma vie). Ils me sont fidèles et me mène sans accro à bon port: au piano.

Je sens la chaleur du spot de lumière sur mon visage, je jette un coup d’oeil dans mon angle mort pour apprécier la présence et l’énergie du public, je leur souris et j’ouvre le couvert des notes. Ça y est! C’est parti! En avant la première!

Depuis le mois de janvier dernier, je ne vis et ne respire que pour ce spectacle! Un show composé de quinze nouvelles chansons, jamais présentées au public auparavant, créées pour prendre vie sur scène avant qu’elles ne soient enregistrées sur disque.

À travers celles-ci se tisse subtilement le fil de mon histoire, celle que je raconte dans mon livre “Buena Vida” et qui est d’abord et avant tout le récit d’une expérience profondément humaine, touchant à la fois aux recoins les plus sombres et aux cieux les plus vastes de la vie.

J’avais toujours pensé ma musique en termes de notes plutôt qu’en termes de paroles. De même, j’avais probablement toujours choisi d’écrire en anglais ou en espagnol pour éviter de me retrouver dans un face-à-face avec moi-même, à chercher le mot juste dans ma langue maternelle. Mais je le voulais vraiment, ce spectacle en français.

J’ai donc contacté l’auteure-compositrice-interprète Gaële, une artiste que j’avais souvent croisé et avec laquelle j’avais sympathisé à de nombreuses reprises. On ne m’avait dit que du bien de son travail. Elle est venue dîner à la maison, et le courant a passé. Nous avons écrit les textes ensemble les deux mois suivants, sous l’oeil bienveillant et les conseils de Marie Brassard, qui a assuré la magnifique mise en scène du spectacle. Nous n’avons pas enfanté dans la douleur, mais plutôt dans le plaisir.

Puis, j’ai envoyé mes nouvelles chansons à Yves Desrosiers. Il a su en faire des petits bijoux grâce à ses arrangements, en sachant que nous ne serions que deux sur scène, lui à la guitare et moi au piano. Et puis, étant ce que je suis, j’ai rajouté deux chansons en anglais, une en italien et deux autres en espagnol… Voilà, on ne change pas! Marie a ensuite créé avec Sonoyo Nishikawa les projections et les éclairages idéaux pour enrober le tout et hop! En avant la musique!

J’ai hâte. J’adore chanter ces pièces. Elles me collent à la peau.

Je vous les présente ce soir en espérant que vous vous reconnaîtrez quelque part dans la texture ou la couleur d’une ou de plusieurs des émotions qu’elles véhiculent.

Après tout, la musique est là pour nous rappeler que peu importe ce que nous vivons, nous ne sommes jamais seuls.

florence

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